LA CIRCULATION VEINEUSE

 

INSUFFISANCE VEINEUSE

L'insuffisance veineuse des membres inférieurs est une affection liée à la fragilisation de la paroi des veines superficielles ou profondes, aboutissant à un dysfonctionnement des valvules internes responsable d'une gêne au retour sanguin vers le cœur et engendrant, par voie de conséquence, la formation de varices.
L'insuffisance veineuse est le plus souvent superficielle.
L'insuffisance veineuse profonde est le plus souvent secondaire à une thrombose ou à une anomalie congénitale.

VARICES

Manifestations visibles de l'insuffisance veineuse, les varices sont des veines dilatées et tortueuses à l'intérieur desquelles les valvules, lorsqu'elles existent, ne jouent plus leur rôle anti-reflux.

Ces dilatations se localisent sur le réseau veineux superficiel.
Selon leur calibre, on parle de :
- Varices tronculaires
- Varices réticulaires.

VARICOSITES

Dilatations intra-dermiques du plexus veineux, les varicosités sont consécutives à une hyperpression veineuse ou à une fragilité capillaire. Leur calibre est variable :
Les télangiectasies rouges sont de petit diamètre (0,1 à 0,4 mm) et leur siège est très superficiel.
Les télangiectasies bleues sont plus profondes dans le derme et d'un calibre plus important (0,4 à 2 mm).
Les télangiectasies ne posent pas qu'un problème esthétique ; elles peuvent être le marqueur d'une insuffisance veineuse plus profonde parfois méconnue.

COMMENT FONCTIONNE LA CIRCULATION VEINEUSE ?

Le rôle du réseau veineux des membres inférieurs est d'assurer le retour du sang vers le cœur, quelle que soit la position du corps, au repos comme à l'effort. Il assume également le rôle de réservoir de la masse sanguine, de régulateur du débit cardiaque et assure la régularisation thermique de l'organisme. Il existe pour ce faire :

—> deux réseaux veineux différents et un système de valvules

* LES RESEAUX VEINEUX

Le réseau veineux profond qui draine 95 % de la circulation de retour, protégé et entouré par les muscles et leurs enveloppes sur une bonne partie de leur trajet. Ce réseau est constitué des veines du mollet appelées veines surales, des veines de la cuisse appelées veines fémorales et poplitées et des veines abdomino-pelviennes appelées veines iliaques et veine cave inférieure.
Le réseau veineux superficiel, accessoire, à faible débit, ne drainant qu'une faible quantité de la masse sanguine. Ce réseau veineux est situé sous la peau et dans la peau. Il se draine par deux troncs collecteurs principaux : la grande saphène qui chemine à la face interne de la jambe et de la cuisse et rejoint la veine fémorale au pli inguinal et la petite saphène qui chemine de la face externe de la cheville vers la face postérieure de la jambe et rejoint la veine poplitée au-dessus du pli du genou.
Les veines perforantes : le réseau veineux profond et le réseau veineux superficiel sont reliés entre eux par un réseau de courtes veines appelées perforantes. Ces veines communicantes dirigent le sang de la surface vers la profondeur. Elles existent en de multiples endroits sur les jambes et sur les cuisses.

* LES VALVULES

L'ensemble du réseau veineux profond et du réseau veineux superficiel ainsi que celui des veines perforantes est pourvu de petits clapets appelés valvules, dont le rôle est de s'ouvrir lorsque le sang circule normalement des pieds vers le cœur et de la surface vers la profondeur puis de se refermer pour s'opposer au reflux sanguin lorsque celui-ci essaye de s'inverser (par exemple lors de stations debout ou à l'occasion de certains efforts).

—> Quel est le moteur ?

La circulation veineuse est plus complexe que ne l'est la circulation artérielle. En effet, contrairement à la circulation artérielle, il n'y a pas de pompe cardiaque pour propulser le sang veineux qui en plus doit lutter contre l'apesanteur, chez le sujet en position debout.

L'énergie nécessaire au bon fonctionnement de cette circulation veineuse est principalement fournie par le travail musculaire :
La contraction des muscles (à la marche par exemple) va comprimer (à chaque pas) les veines profondes dont le contenu sera évacué vers le cœur, on parle ainsi de la pompe musculaire du mollet.

D'autres mécanismes plus accessoires rentrent également en jeu pour favoriser la montée du sang vers le cœur : la semelle veineuse plantaire qui est comprimée à chaque pas comme une éponge, ce qui provoque une évacuation brutale du sang qu'elle contient la pompe veineuse diaphragmatique qui permet en inspiration, lorsque le diaphragme s'abaisse, par la dépression thoracique ainsi provoquée, d'accélérer la montée du sang veineux périphérique vers le cœur En position allongée, la circulation veineuse se fait très facilement car le sang n'a plus à lutter contre l'apesanteur.

COMMENT CELA FONCTIONNE T-IL CHEZ LE SUJET VARIQUEUX ?

Le mécanisme exact de la formation des varices reste encore mal connu ; il est cependant multiple.

A l'état normal, la paroi veineuse est caractérisée par une distensibilité importante.

Chez le variqueux :
. Un excès de distensibilité survenant sans aucune cause apparente.
. L'altération du fonctionnement des valvules internes
. La baisse du tonus musculaire en cas de mauvaise musculature des jambes
. La diminution de l'efficacité de la pompe diaphragmatique lorsque le système respiratoire est déficient
. La mauvaise qualité de la semelle veineuse plantaire quand les pieds sont trop creux ou trop plats vont favoriser l'insuffisance veineuse et l'apparition de varices.

Lorsque les veines se dilatent, les valvules internes deviennent incapables de se refermer totalement lorsque le sang essaye de redescendre vers les pieds, ce phénomène aggrave, par l'excès de pression provoqué, la dilatation des parois veineuses sous-jacentes.
On assiste alors à l'opposition entre un courant sanguin qui essaye de remonter le sang vers le cœur et un autre courant sanguin, inverse, qui réoriente le sang vers les extrémités. L'augmentation de pression qui en résulte retentit non seulement sur les axes principaux (veines saphènes) mais aussi sur les branches qui y sont raccordées puis sur tout le réseau veineux superficiel.
Cette stagnation du sang dans des veines élargies qui n'assurent plus leur rôle provoque l'inondation du tissu cutané et sous-cutané environnant. Cet engorgement sera responsable de lourdeurs de jambes, crampes et impatiences mais aussi des oedèmes et des complications cutanées telles qu'eczéma, pigmentation et cartonnage de la peau puis selon le nombre d'années d'évolution, d'ulcères variqueux.
A l'extrême, lorsque les varices sont très volumineuses et le ralentissement sanguin réellement très important, peuvent apparaître les phlébites superficielles par formation d'un caillot sanguin à l'intérieur des varices.